C'est pourtant dans ce livre qu'est développée sa science de l'être et du divin. » (De l’interprétation, 4). Il manifesterait qu’il serait « semblable à une plante » autrement dit qu’il ne serait même pas un animal doué d’une voix permettant de signifier la douleur et le plaisir à lui-même et à ses congénères. S’il n’est possible d’étayer la preuve du premier principe ni sur une analyse des étants (l’ontologie), ni sur une analyse des jugements qui en rendent la vérité (la logique), il reste à s’inscrire sur le seul terrain susceptible de convenir à l’adversaire afin de l’amener à en concéder lui-même la vérité. Or celle-ci, si elle veut se faire entendre « pour un autre » ne peut relever de l’arbitraire individuel. La Métaphysique constitue un des sommets de la philosophie de lAntiquité et eut une influence fondamentale sur toute la métaphysique et la philosophie postérieures. A l’instar de Protagoras, il pourrait chercher à démontrer que « l’âme n’est rien, excepté des perceptions » en sorte que, comme le rapporte Platon dans Théétète, « telles les choses me paraissent, telles elles sont pour moi ; telles elles te paraissent, telles elles sont pour toi ». La convocation de négateurs du principe de non contradiction est la toile de fond de ce texte. Lorsqu’il s’agit d’établir la véridicité du principe de non-contradiction, deux stratégies semblent possibles. Tricot. Plus ou moins virulentes, de telles attaques vident de son contenu le concept même d’une science non démonstrative et elles fragilisent aussi la possibilité d’établir une science démonstrative. Aristote y développe notamment une science de l'être en tant qu'être, une ontologie et une théologie. En effet, « il ne faut pas croire que ce qui se passe dans les noms se passe aussi dans les choses » : ce n’est pas parce que nous nous servons des noms à la place des choses qu’il y a une ressemblance complète entre les noms et les choses. Soit chercher à étayer la preuve sur une analyse des étants et sur une analyse des jugements qui en rendent la vérité, soit s’inscrire dans le champ du discours, seul terrain susceptible de convenir à un adversaire sophistique afin de l’amener à concéder lui-même la vérité du principe. » (Eloge d’Hélène). Cependant, consentir tacitement à un usage linguistique revient à accepter que certains sons puissent valoir à la fois pour nos idées et pour ce que nous supposons être celles des autres. Parler, c’est selon lui toujours dire quelque chose qui est, et ce qui n’est pas, personne ne peut le dire : « Tout discours est dans le vrai ; car celui qui parle dit quelque chose ; celui qui dit quelque chose dit l’être, et celui qui dit l’être est dans le vrai ». Explication de texte: À une passante « Nous appelons Dieu un vivant éternel parfait; la vie et la durée continue et éternelle appartiennent donc à Dieu, car c'est cela même qui est Dieu. A travers sa contradiction performative, il porte témoignage du principe, il est le véritable auteur de la réfutation. méthode de l'explication de texte. G. F, 2008. Puisque la bonne pratique argumentative consiste avant tout à éviter la pétition de principe, il ne s’agit pas de montrer aux sophistes que leur langage est faux mais seulement de leur faire comprendre qu’il n’est pas significatif. Même si cet interlocuteur ne manifeste pas l’intention de chercher et de dire la vérité comme telle, il ne peut se dérober dès lors qu’il accepte la condition même de tout discours : non pas former des propositions susceptibles d’être vraies ou fausses, mais énoncer un son vocal doué de signification. » Aristote, La Métaphysique, ive s. av. Dire quelque chose, c’est toujours rendre partageable ce qui est senti ou pensé dans le cadre d’une parole adressée. Ainsi, une science non démonstrative scientifiquement comme le dialogue réfutatif permet d’avérer le principe même de la science démonstrative. J.-C. Commentez cette citation. Nous ne saurons qu’indirectement, dans l’usage même de la communication, si ce consentement tacite est fondé. D’après Werner Jaeger, Aristote aura été le premier à « rompre le lien entre le mot et la chose, entre le logos et l’on, étant ». Non seulement elle élève l’homme au-delà de la condition animale, mais elle permet à l’homme de tendre vers la divinité. Sous la contrainte de la contradiction, disant un mot, on pourrait en même temps et sous le même rapport en dire bien d’autres, et alors, les disant tous, l’on ne dirait plus rien. D’une part, l’homme parle toujours en général tandis que les choses sont singulières, – ce qui permet précisément au sophiste de se réfugier dans l’équivoque de l’autre, non au niveau des grands genres (dont traitait le Sophiste de Platon), mais au niveau des homonymies (par exemple, le nom « chien » signifie à la fois l’animal aboyant et la constellation céleste). La prémisse dialectique porte sur l’intention de signifier quelque chose et non pas sur la prétention de saisir les choses dans leur unité ou de les ressaisir dans leur diversité. Peu importe ce qu’il dit et les raisons pour lesquelles il le dit. Elle consiste à « postuler dès le départ ce qui, au commencement de l’entretien, a été défini comme le but à atteindre. Chaque phrase n'a de sens que par rapport à l'ensemble du texte. % The standard fonts dictionary 150000 corrigés de dissertation en philosophie. Aristote ne demande pas à son interlocuteur de se prononcer sur ce qu’est tel ou tel étant en sorte que la proposition soit susceptible d’être reconnue vraie ou fausse. A la croyance selon laquelle il existerait une ressemblance entre les mots, les états de l’âme et les choses, la vraie science, telle que la pratique le Philosophe, a substitué une ressemblance exercée par le jugement et exprimée par la proposition. présenter les différentes propositions de ses prédécesseurs sur la … L’existence de tels négateurs du principe de non-contradiction témoigne de ce que la vérité et la nécessité de l’axiome ne s’imposent pas à tous. C'est, en effet, l'étonnement qui poussa, comme aujourd'hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Aristote répond en s’efforçant d’apparier sa stratégie argumentative à un interlocuteur qui s’étonnerait du caractère indémontrable d’un principe prétendument si fécond. Aristote met en relief avec cette définition l’universalité de la métaphysique, dans le sens qu’elle s’occupe non pas d’un secteur de la réalité mais de la réalité dans sa totalité. En portant une attention plus précise au livre H (êta ; livre VIII) du traité, cet article invite à corriger cette vision de la philosophie première. Explication de texte Métaphysique ARISTOTE Ci-dessous un extrait traitant le sujet : Explication de texte Métaphysique ARISTOTE Ce document contient 1192 mots soit 3 pages. Le statut indémontrable du principe de non contradiction atteste à la fois que le concept même d’une science non démonstrative n’est pas un concept vide et que la simple réfutation des arguments contraires permet de déboucher sur une vérité absolument première. 1) Une première lecture fait apparaître que : – les 2 notions importantes du texte sont l’art et l’expérience. tout le je dois faire le commentaire d´un extrait de l´oeuvre d´Aristote "La métaphysique A1".Texte :Tous les hommes, par nature, désirent savoir. La ressemblance de la pensée et des étants concerne la proposition vraie et non pas l’énonciation qui est le fruit d’une convention passée entre les hommes. Aristote, extrait de Métaphysique. Ce dernier terme, qu’Aristote reprend aux mathématiques pour en étendre l’usage, désigne l’un des éléments du syllogisme, à savoir, non pas ce qui est démontré, ni ce sur quoi porte la démonstration, mais ce à partir de quoi procède une démonstration. Certes, on peut trouver une formulation proche de cet énoncé chez Platon, dans la République15. La seule demande pertinente est une intention de signification. D’autre part, il ne servirait à rien de recourir à l’évidence noétique face à un adversaire qui pourrait la récuser et objecter que la perception noétique de la véracité du principe se heurte à des jugements tout à fait autorisés comme ceux d’Héraclite (qui professait que la contradiction est la loi du monde) ou d’Empédocle (qui n’admettait pas de sujet commun aux quatre « racines » contraires du feu et de l’eau, de l’air et de la terre). Au lieu de déployer à la manière de Platon une véritable traque le conduisant, comme dans le Sophiste, à accomplir un parricide et à modifier de fond en comble son ontologie pour déloger le sophiste, Aristote lui demande simplement de « signifier quelque chose ». Il faut qu’elle soit significative, et pour ce faire, il faut qu’elle ait un sens, que celui-ci soit relativement déterminé et distinct de la signification des autres termes. « En effet, ne pas signifier une chose, c’est ne rien signifier du tout, et, si les noms ne signifiaient rien, en même temps serait ruiné tout dialogue entre les hommes et même, en vérité, avec soi-même » (Métaphysique, Gamma, 4). �R�^w��. Nevertheless, Pradeau also takes into account Oliver Primavesi’s 2012 edition of book Alpha, which favours the alpha family of manuscripts. Reste donc à faire paraître ce dernier comme condition de la communication, sans jamais l’invoquer a priori comme un jugement vrai ou même comme condition d’une proposition vraie. et n’appartienne pas à la fois à la même chose et sous le même rapport14 » dit Aristote dans la Métaphysique. En règle générale, la réfutation est un raisonnement consistant à renverser la conclusion de l’adversaire à partir d’un argument qui sape l’un des siens. En règle générale, la réfutation est un raisonnement consistant à renverser la conclusion de l’adversaire à partir d’un argument qui sape l’un des siens. Dans cette confrontation avec le contradicteur, l’argument décisif ne repose pas sur la science des propriétés des étants ou sur l’examen des conditions d’un jugement vrai mais sur les conditions dans lesquelles les hommes peuvent s’entendre. Le contradicteur se voit ainsi contraint de concéder que la non contradiction est le caractère même de la vérité et qu’elle est en même temps l’étoffe de la réalité. Aristote répond en s’efforçant d’apparier sa stratégie argumentative à un interlocuteur qui s’étonnerait du caractère indémontrable d’un principe prétendument si fécond. Dans Métaphysiques, Aristote traite de la spécificité et de l’utilité de cette discipline. Pour le télécharger en entier, envoyez-nous un de vos documents grâce à notre système d’échange gratuit de ressources numériques ou achetez-le pour la modique somme d’un euro symbolique. L’argument d’Aristote revient donc à réfléchir, d’un point de vue pragmatique, sur les conditions d’effectuation du discours. Nous reproduisons l'Introduction du traducteur, mais non pas la Bibliographie, devenue trop incomplète avec le passage des années. Le texte parle alors de ce que c'est de philosopher. Déjà utilisé par Platon lui-même dans le Théétète contre la thèse de Protagoras, il consiste à inclure la position du contradicteur dans ce qu’il prétend exclure. Le titre Métaphysique n'est pas d'Aristote lui-même, mais a été donné par le bibliothécaire Andronicos de Rhodes, qui a rassemblé et organisé les livres. Merci de votre aide Aristte,philosophe de l'antiquite,disciple de Platon a essayé de répondre aux questions suivantes; Quelle est la specificite de la philosophie? Une énonciation, si elle veut se faire entendre dans le cadre d’une parole adressée, doit se démarquer du simple arbitraire du signe pour relever d’un conventionnalisme social sur lequel les sophistes eux-mêmes essayaient de d’exercer leur influence. Méthode - Pour se faciliter le travail et se donner un cadre de travail rigoureux qui ne fasse pas l'impasse sur les passages difficiles, on peut recopier le texte phrase par phrase, pour ensuite l’expliquer. Elle comporte malgré tout la contrainte majeure de toute déduction : ses prémisses, qui sont « causes de la conclusion » (Seconds analytiques, I, 2,71b 20-22), doivent être « vraies et premières ou dérivées de propositions vraies et premières » (Topiques, I, 1,100a 27-29). S’il le convoque et le contraint à comparaître, c’est donc en acceptant de s’installer sur son propre terrain, à savoir celui du discours dialectique et de la réfutation, et non pas celui de la science ou d’une dialectique en quête des étants véritables. C’est en effet nécessaire si toutefois on dit quelque chose, car, dans le cas contraire, un tel interlocuteur ne produirait d’argument ni pour lui-même ni pour un autre. Aussi va-t-il revenir sur sa stratégie argumentative afin d’écarter toute accusation de ce genre. Autrement dit, on ne peut établir une correspondance biunivoque entre les mots et les choses. De plus, le contradicteur qui ferait fond sur l’impossibilité de démontrer le principe est contraint d’admettre que l’on peut atteindre une vérité autrement que par voie démonstrative : « il y a quelque chose de vrai sans démonstration ». Dans cet article, l'auteur s'interroge sur le sens du concept de «philosophie première» dans la Métaphysique d'Aristote. La différence entre l’énonciation d’une signification (bouc-cerf) et la formulation d’une proposition vraie (il n’est pas) nous apprend que le discours n’est pas une « imitation » ou même une « image » de l’être, mais seulement un « symbole » qui doit être défini comme un signe conventionnel et non pas comme l’être même. Nombreux sont pourtant ceux qui contestèrent et contestent encore le statut de principe d’une telle proposition tant ils pensent la possibilité que le même soit et ne soit pas. Selon Aristote, l'art, notamment l'art poétique, a une origine profondément naturelle, innée à l'homme. La réfutation du négateur du principe de non-contradiction frappe par son économie de moyen. Il relève du genre dialectique en ce sens que l’argumentation est menée dans un cadre privé à partir d’une prémisse soumise à l’approbation de l’interlocuteur. Aristote, Métaphysique, A, 1, trad. Je dis qu’il y a une différence entre démontrer par réfutation et démontrer, parce que celui qui cherche à faire une démonstration aura l’air de faire une pétition de principe, tandis que, si un autre est l’auteur d’une telle pétition de principe, il y aura réfutation et non démonstration. A ces questions, il faut donner une réponse avant tout procédurale, ancrée dans la pratique de celui qui cherche à « produir [e] des arguments ». Contrairement à l’opinion d’Hermogène, chaque individu n’a pas le pouvoir de nommer arbitrairement les choses à sa guise. La stratégie à déployer est bien indissociable de la figure du contradicteur : face à un défenseur sophistique de la contradiction, seule une méthode réfutative (procédé mis au point par les sophistes eux-mêmes et auquel notre auteur a consacré tout un traité) est appropriée en ce qu’elle lui laisse le champ libre pour autant qu’il consente à dire quelque chose. ��8�RW78�h"|\�է�m����#����#���̪~�E�4�y���:++3+_Uյ�ɣ'��=m�~�{���x�kV�q��"�}��෧�XF K��hV�2����O��΀��tp�:�+�K�4pK˯�b�8a$��m���lo�רH�$�AO�&�'b8������=ىy��T���������.����R���7���K�� {���Z�����ѓ߰�W�'���q���N����tC'�E���"I��Ք�vJ�Ե�����6щ)oNԁ��2��_�,�K�t�_u�I��]"jӵ{"iy��|x�.UO��0JN#��O�������enG��s�h�u֢p� �Ŏ��Tė_!���O�Ab�j$cy�c��ir�? Karine Laborie et Lionel Cain, professeurs de philosophie. Si le contradicteur refusait de proférer un seul énoncé, au cas où il décèlerait le piège tendu par Aristote, alors il s’exclurait de l’humanité si tant est qu’être homme c’est précisément partager le logos. Aristote cherche ici à savoir quel est l'origine de l'art poétique. Il revient en effet au Philosophe d’avoir formulé le premier cet énoncé dans toute sa netteté et de l’avoir reconnu comme le principe le plus ferme de tous. Que la non contradiction soit l’étoffe même du réel et la condition de véridicité de nos jugements, tel semble être le point d’Archimède de la métaphysique classique depuis Aristote. C’est la raison pour laquelle, dans la pure immanence de la langue, les contraires sont complémentaires. Celle-ci consiste en effet à poser comme prémisse la thèse qu’il s’agit de démontrer, ou une proposition équivalente de sorte qu’elle puisse lui être assimilée. La parole n’est ni un bruit ni un cri. L'auteur montre comment, via une série de réductions qui s'enchaînent, Aristote, parti de l'affirmation des multiples sens de l'être, y progresse jusqu'au seuil de la théologie envisagée comme le site de la réponse terminale au problème ontologique. Tout l’effort d’argumentation deviendrait alors inefficace : selon l’image de Chaïm Perelman, le discours s’écroulerait comme un tableau que l’on voudrait suspendre à un clou mal accroché au mur. Ce dernier, si particulier parmi les penseurs, pourrait se régaler d’une telle mise en scène, d’une telle dramaturgie de l’incohérence, puisqu’il estime être précisément capable de faire paraître les choses tantôt ainsi tantôt autrement. Le travail consistant à « chercher un argument » pour contrecarrer l’argument adversaire va s’avérer fécond. Le philosophe Aristote s’oppose à la thèse selon laquelle deux propositions contradictoires, c’est-à-dire dont l’une est la négation de l’autre, sont toutes les deux vraies en même temps et sous le même rapport. En cherchant à détruire un argument (en l’occurrence celui de l’impossibilité de la contradiction), il atteste ce qu’il est censé vouloir détruire (à savoir le principe de non-contradiction). Son œuvre influença toute la philosophie occidentale. Comment celui qui revendique l’appellation de sophiste pourrait-il le refuser ? Certes la régularité de la signification des signes témoigne déjà du fait que la non contradiction est un principe premier, mais nous ne pouvons pas en déduire que toute la science est dans le langage. Cependant, un procédé visant à confondre l’adversaire par l’aveu de son incohérence ne serait d’aucun secours dans le cas présent. Métaphysique d’Aristote est unanimement reconnue comme la perfection éternelle de la sagesse antique. des douze livres de la Métaphysique d’Aristote rédigé par Thomas d’Aquin, veut être la transmission d’un relais, à l’heure où la pratique de la langue latine disparaît, même parmi les intellectuels. de 1953) de J. Tricot (1893-1963) Éditions Les Échos du Maquis (ePub, PDF), v. : 1,0, janvier 2014. La finalité de l'explication de texte philosophique est donc dépourvue d'ambiguïté : il s'agit de dégager et d'expliciter les concepts fondamentaux du texte, commandant son mouvement et son organisation. Aristote Métaphysique Traduction (éd. A l’inverse du jugement, qui porte la charge du vrai ou du faux (conjonction disjonctive) (408c), le logos, selon la formule du Cratyle, « chose double », est tout autant aléthés que pseudés (en sorte que posséder la vérité, c’est aussi être capable de tromper). L’entretien mettra donc aux prises deux intervenants qui sont en contradiction au sujet du principe de non-contradiction puisque l’un nie dans sa totalité ce que l’autre pose. C’est pourquoi, il faut régler la convention et la rendre explicite en formulant des règles d’usage. Pour que la sophistique soit possible, et elle est possible, il suffit d’admettre que le discours ait une dimension signifiante ; l’admettre c’est attester l’effectivité de la non contradiction. Il faut dégager des concepts de base possédant une signification particulière et détenant une fonction précise dans le texte. La Métaphysique constitue un des sommets de la philosophie de Nous ne pouvons communiquer qu’en admettant la non contradiction car, ne pas donner un sens c’est ne pas donner de sens du tout. Ainsi, abstraction faires des onomatopées, le discours ne ressemble en rien aux choses en tant que discours mais seulement dans la mesure où il affirme quelque chose de vrai. Lui pour qui le logos est « un grand tyran », tant il est vrai que « le discours ne manifeste pas l’objet extérieur, au contraire, c’est l’objet extérieur qui se révèle par le discours » (Traité du non-être), comment pourrait-il refuser de dire quelque chose ? Pour la régularité de l’usage des signes, régularité nécessaire à la simple communication, il faut donc une imposition d’identité du signe à lui-même : Aristote a compris que le langage est un système de différence et que ces différences ne peuvent jouer que sur fonds d’identité, à savoir l’identité du signe à lui-même telle qu’une imposition de sens en donne la mesure. Si une telle configuration se présentait malgré tout, ce ne serait plus nécessaire de le prendre en considération car, n’ayant « d’argument sur rien », il se désavouerait lui-même, en son expertise comme en son métier et finalement en son être parlant. La métaphysique d’Aristote I La méthode d’Aristote Aristote s’ouvre ici dans une démarche qui vise à soumettre l’ordres des causes qu’il expose à la critique, celle Cl consiste ? La force de la réfutation déployée dans cet extrait est de faire éclater l’évidence du principe à partir de son négateur. La métaphysique d'Aristote Par Annick Jaulin . Note sur cette édition Il s'agit du texte intégral de la traduction de Tricot (édition de 1953). Elle est dans l’acte même qui les compose : lorsque je juge que le bouc-cerf n’existe pas dans la nature par exemple. Que cela soit l’expression la plus directe d’une nécessité d’essence ou une proposition concernant des futurs contingents dès qu’il profère quelque chose il est dans la nécessité d’admettre qu’il a proféré quelque chose et non pas rien. Lisez ce Philosophie Commentaire de texte et plus de 247 000 autres dissertation. Aristote (384-322 avant Jésus-Christ) a été l’élève de Platon pendant plus de vingt ans. Dès lors, comment admettre que l’acceptation du terrain linguistique soit le remède à l’inintelligence profonde du principe, d’autant qu’une seule demande est adressée à l’interlocuteur : qu’il parle ? Dans la ligne inaugurée par Parménide, Aristote considère que la caractéristique centrale de toutes les choses est qu’elles sont ; c’est celui-ci l’aspect le plus universel de tous les objets réels. Tel est le problème que résout Aristote dans ce texte extrait de son ouvrage intitulé Métaphysique. A associer (mais à distinguer quand même !) La méthode suivie par Aristote frappe par l’économie de moyens déployés au regard des résultats obtenus. D’autre part, loin d’être un accident du langage, l’équivocité apparaît comme son vice essentiel : « il est inévitable que plusieurs choses soient signifiées par un seul et même nom ». De là, Aristote peut conclure que la philosophie n'a en vue « aucun intérêt étranger », ce qui fait d'elle la seule science vraiment « libre, car seule elle est sa propre fin ». La Métaphysique est un ensemble de quatorze livres écrits par Aristote réunis uniquement après sa mort. Il ne va pas, non plus, chercher à rivaliser avec son adversaire afin d’emporter l’adhésion au terme d’une joute dialectique à l’issue de laquelle le contradicteur serait mis en contradiction avec lui-même. C’est ainsi moins à son ontologie et à sa logique qu’à sa théorie du langage que recourt ici Aristote pour confondre son contradicteur. Les symboles de la langue ne renvoient à leur signification que par l’intermédiaire d’une relation arbitraire : le mot ne signifie que par le truchement des conventions de cette langue. Accepter le terrain de l’adversaire, c’est ainsi tirer avantage d’une pratique argumentative immanente au discours. Le principe s’avèrera-t-il suffisamment établi par la simple réflexion sur la condition d’une communication des hommes entre eux ? La stratégie d’Aristote suggère qu’ayant affaire, en guise de contradicteur, à un expert dans le maniement de la contradiction, il lui faut composer avec cette expertise. aux termes hommes d’art et hommes d’expérience. Le discours en général n’est pas directement susceptible d’être vrai ou faux, seul celui qui divise et compose sous la forme de la proposition peut l’être (ainsi par exemple la prière est un discours, mais n’est pas une proposition). De ce point de vue, Aristote ne s’inscrit pas dans le sillage de son maître. Après avoir soutenu qu’il suffit que le contradicteur dise quelque chose pour établir la véridicité du principe de manière réfutative, tout le propos d’Aristote consistera à démarquer avec soin la démonstration par réfutation de la démonstration scientifique afin de ne pas tomber à son tour dans le piège de la pétition de principe. Par ailleurs, la démonstration ne sera pas entachée de la fragilité de tout recours à l’évidence, quelle soit empirique ou noétique. Dans cet extrait, le Philosophe écarte d’emblée la tentative d’instruire son interlocuteur au sujet des phénomènes par une réfutation physikôs, placée sous la contrainte des étants naturels. Souvenons-nous que la démarche doxographique et aporétique d’Aristote suppose que l’on prenne aux sérieux les opinions autorisées. La question de la matière occupe une place généralement sous-estimée dans la Métaphysique d’Aristote. C’est pourtant ce que croyait Antisthène, pour qui l’être adhérait tant à la parole que, selon lui, « il n’est pas possible de contredire » (Métaphysique, Delta, 29,1024 b33).